Aigrette en bois flotté : la nouvelle sculpture de Bétina Broussaud

Aigrette en bois flotté de Bétina Broussaud, ailes déployées, dans son atelier de Vanosc

L’oiseau n’a pas décollé, et tout est déjà en mouvement : le cou tendu vers l’avant, les ailes ouvertes, le corps basculé dans l’élan. Il tient sur une tige d’acier, au milieu de l’atelier de Vanosc.

Bétina Broussaud a sorti cette aigrette en bois flotté le 10 octobre 2026. Un mètre vingt-cinq de largeur, ailes déployées.

Chaque plume est une lame de bois

Un grand mammifère pardonne : sa masse absorbe les approximations, et le regard accepte le volume avant d’examiner le détail. Un oiseau en vol ne pardonne rien. Il faut que la plume existe, qu’elle se superpose à la suivante, qu’elle suive la courbe de l’aile sans la rompre — et la plume, ici, c’est un morceau de bois ramassé sur une berge, dur, tordu, qui n’a aucune intention de ressembler à une plume.

L’aigrette résout le problème par la superposition. Des dizaines de lames plates, écailleuses, certaines ayant gardé leur écorce, se recouvrent du dos jusqu’au bout des rémiges. Le cou, lui, tient en une seule branche courbe, polie, dont le galbe fait toute l’élégance de la pièce. Le bec sombre, ourlé d’ocre à la base, et l’œil rapporté suffisent à faire basculer l’assemblage du côté du vivant.

Un bois qui a déjà vécu

Bétina Broussaud collecte son bois sur les berges du Rhône et des rivières voisines. Elle observe ensuite l’anatomie de l’animal, assemble — sculpture, soudure, vissage —, puis finit à la patine, aux pigments naturels et à la cire. Le métal ne se montre pas : il structure, et porte la pièce sur son socle.

Née en 1964, autodidacte, elle a découvert le bois dans l’atelier de son arrière-grand-père ébéniste. Son bestiaire va du bison au cheval, de la panthère à la lionne ; les oiseaux y reviennent régulièrement depuis L’Oie, en février 2025. Vous pouvez relire son portrait complet ici : Bétina Broussaud, la sculptrice du bois flotté qui révèle les âmes animales.

Une année dense

Le 27 mars 2026, le jury de la 16e Biennale L’Art Animalier, à Saint-Pierre-lès-Nemours, lui a décerné son Prix pour une installation monumentale réunissant trois têtes — cheval, loup et cerf — sur un socle rotatif.

En septembre, elle présentait Poésie du Vivant au Prieuré de Salaise-sur-Sanne, aux côtés du sculpteur sur métal Romain Bresson. Les deux travaillent ensemble depuis plusieurs années : le cheval monumental Équinoxe et Nomade sont nés de cette rencontre du bois et de la ferraille. Plus tôt dans l’année, elle exposait au château de Coppet, en Suisse, pour RECUP’ART EXPO.

La pièce

  • Sujet : aigrette, ailes déployées
  • Matériaux : bois flotté ; structure et socle métalliques
  • Largeur : 1,25 m
  • Sortie d’atelier : 10 octobre 2026
  • Atelier : Vanosc, Ardèche — visite sur rendez-vous
  • Disponibilité et prix : sur demande

Une pièce de cette taille se juge en tournant autour : les lames qui font les plumes changent de valeur selon la lumière, et l’oiseau n’est pas le même vu de trois quarts arrière. Écrivez-nous pour organiser une visite ou demander le dossier de l’œuvre →

Toutes les publications consacrées à Bétina Broussaud →


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Une réponse à « Aigrette en bois flotté : la nouvelle sculpture de Bétina Broussaud »

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