Contenus numériques des musées : quatre exemples qui ont fait leurs preuves

Illustration — Contenus numériques des musées : quatre exemples qui ont fait leurs preuves

Les contenus numériques qui ont le mieux réussi aux musées ont trois points communs : ils montrent des personnes plutôt qu’une institution, ils invitent le public à participer et ils ouvrent les collections au lieu de les garder. Quatre exemples documentés l’illustrent : la série vidéo « Curator’s Corner » du British Museum, la journée #AskACurator, le défi lancé par le Getty en 2020 et l’ouverture de 150 000 images d’œuvres par Paris Musées. Chacun est transposable, à son échelle, dans un musée de taille modeste.

Article mis à jour le 22 septembre 2026.

Ce que ces exemples ont en commun

Aucun de ces succès ne repose sur un budget publicitaire. Tous reposent sur une matière que seul le musée possède : ses équipes, ses œuvres, ses images.

ExemplePrincipeCe qu’un petit musée peut en retenir
Curator’s Corner (British Museum)Des conservateurs présentent un objet, face caméra, dans un format courtFilmer au téléphone un membre de l’équipe qui parle d’une œuvre qu’il connaît
#AskACuratorLe public pose ses questions aux conservateurs sur les réseaux sociaux, le même jour, partoutConsacrer un rendez-vous régulier aux questions du public, en ligne ou sur place
#GettyMuseumChallengeLe public recrée une œuvre chez lui avec trois objets et partage la photoLancer un défi simple autour d’une œuvre de la collection
Open content (Paris Musées)Les images d’œuvres du domaine public sont téléchargeables librementPublier en haute définition les images des œuvres libres de droits
Quatre contenus numériques de musées et leur transposition dans un musée de taille modeste.

Ces formats nourrissent les supports présentés dans notre guide pilier, communication digitale d’un lieu culturel, et les leviers de fréquentation détaillés dans comment attirer plus de visiteurs dans un musée.

1. Montrer les personnes : « Curator’s Corner » du British Museum

« Curator’s Corner » est une série vidéo publiée par le British Museum sur sa chaîne YouTube : un conservateur ou un membre de l’équipe présente un objet de la collection, dans un épisode de quelques minutes. La série compte aujourd’hui une dizaine de saisons.

Ce qui fonctionne : une personne identifiée, qui parle avec ses mots d’un objet qu’elle connaît. C’est exactement ce que les moteurs de recherche et les IA reconnaissent comme une preuve d’expérience, un point que nous avons détaillé dans E-E-A-T : à quoi ressemble une vraie preuve d’expérience.

  • Format : trois à cinq minutes, une œuvre, une personne.
  • Matériel : un téléphone, un micro-cravate, une lumière naturelle.
  • Diffusion : la vidéo sur la page de l’œuvre du site, puis sur les réseaux, avec une transcription écrite.

2. Répondre aux questions : #AskACurator

#AskACurator est une journée annuelle pendant laquelle des musées du monde entier répondent sur les réseaux sociaux aux questions du public. Elle a été lancée par Mar Dixon, spécialiste des réseaux sociaux muséaux basée au Royaume-Uni, disparue en 2024, également à l’origine de #MuseumSelfie.

Ce qui fonctionne : le public obtient une réponse d’expert, et le musée découvre les questions réelles de ses visiteurs. Ces questions sont une matière précieuse : chacune peut devenir une section de FAQ sur le site.

  • Participer à la journée quand elle a lieu, ou créer son propre rendez-vous.
  • Noter toutes les questions posées, en ligne et à l’accueil.
  • Publier les meilleures réponses sur le site, sous forme de questions-réponses.

3. Faire participer : le #GettyMuseumChallenge

Le 25 mars 2020, pendant le confinement, le musée Getty de Los Angeles a proposé à ses abonnés de choisir une œuvre, de trouver trois objets chez eux et de la recréer, puis de partager la photo. L’idée s’inspirait d’un compte néerlandais, « Tussen Kunst & Quarantaine ». Les recréations ont circulé dans le monde entier et ont été réunies ensuite dans un livre.

Ce qui fonctionne : une consigne simple, une contrainte ludique et une œuvre de la collection au centre. Le public ne se contente pas de regarder : il regarde l’œuvre de près pour la reproduire.

  • Une consigne en une phrase, un mot-dièse unique, une date de fin.
  • Des œuvres choisies pour être reconnaissables et faciles à interpréter.
  • Un retour sur le site : une page qui présente les meilleures contributions, avec l’accord de leurs auteurs.

4. Ouvrir les collections : l’open content de Paris Musées

Le 8 janvier 2020, Paris Musées, l’établissement qui gère les musées de la Ville de Paris, a mis en libre accès 100 000 reproductions numériques d’œuvres du domaine public, sous licence CC0. Le fonds atteint aujourd’hui 150 000 images en haute définition, téléchargeables avec leur notice.

Ce qui fonctionne : des images libres sont réutilisées par des enseignants, des étudiants, des éditeurs, des sites encyclopédiques, et chaque réutilisation renvoie vers le musée. Pour un musée plus modeste, la démarche commence par les œuvres dont les droits d’auteur sont expirés : en France, 70 ans après la mort de l’auteur.

  • Identifier les œuvres du domaine public dans la collection.
  • Photographier selon un standard constant et publier en haute définition.
  • Accompagner chaque image de sa notice : titre, auteur, date, technique, numéro d’inventaire.
  • Indiquer la licence et demander, sans l’imposer, la mention de la source.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Certains formats ont été très commentés sans apporter de visiteurs durables. Mieux vaut les aborder avec prudence.

  • La technologie pour elle-même : une application, une visite en réalité virtuelle ou un projet NFT coûtent cher et vieillissent vite s’ils ne répondent pas à un besoin identifié.
  • Les contenus sans auteur : un texte d’institution anonyme est moins crédible, et moins cité, qu’une personne qui parle en son nom.
  • Les contenus qui restent sur les réseaux : une vidéo publiée seulement sur un réseau disparaît du fil en quelques jours ; sur le site, elle reste trouvable.

Questions fréquentes

Un petit musée peut-il produire des vidéos comme le British Museum ?

Oui, à son échelle. Le principe de « Curator’s Corner » tient en une personne, une œuvre et quelques minutes. Un téléphone et un micro suffisent pour commencer ; la régularité compte davantage que la qualité de production.

Qu’est-ce que l’open content dans un musée ?

C’est la mise à disposition libre et gratuite des reproductions numériques d’œuvres du domaine public, souvent sous licence CC0. Paris Musées l’a fait en janvier 2020 pour 100 000 œuvres ; son fonds compte aujourd’hui 150 000 images.

Qu’est-ce que le #GettyMuseumChallenge ?

Un défi lancé par le musée Getty le 25 mars 2020 : choisir une œuvre, la recréer chez soi avec trois objets et partager la photo. Il s’inspirait du compte néerlandais « Tussen Kunst & Quarantaine ».

Faut-il être présent sur tous les réseaux sociaux ?

Non. Mieux vaut un ou deux réseaux tenus avec régularité, qui renvoient vers le site, que cinq comptes inactifs. Le lien entre réseaux et référencement est traité dans notre article les réseaux sociaux améliorent-ils le référencement d’une galerie ou d’un musée ?

Sources


Les musées cités sont des exemples publics ; aucun n’est client de Calliope Services, fondée par l’auteur, Jean-Baptiste Mesona.

Votre lieu est-il visible sur Google et dans les réponses des IA ?

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Ce guide, initialement publié sur Les Leaders Visionnaires, a rejoint ArtNova.Gallery le 1er novembre 2026 pour regrouper notre expertise artistique et culturelle.

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