Avec Amazones, Romain Bresson et Bétina Broussaud font naître un personnage dont la sculpture annonce déjà toute une vie. Un visage d’abord modelé en terre, puis moulé et coulé en bronze, rencontre un assemblage de métal. De cette alliance surgit une présence : un être encore silencieux, auquel les artistes souhaitent donner une histoire.

Un visage au seuil du récit
Ce qui m’arrête devant Amazones, c’est cette impression d’une vie retenue derrière les paupières. Le front, le nez, la bouche possèdent la continuité d’un visage ; autour, la matière s’interrompt, s’ouvre, laisse apparaître d’autres profondeurs. La figure semble recueillie dans une pensée dont nous ne connaissons encore ni l’origine ni l’issue.
La lumière s’attarde sur les reliefs du bronze, traverse ses nuances et rejoint les arêtes plus vives de l’assemblage. Les irrégularités de surface donnent au visage une densité presque terrestre. On y cherche moins une expression immédiatement lisible que la trace d’une durée : quelque chose a déjà commencé, qui ne nous a pas encore été raconté.
La rencontre de deux écritures
Cette création prolonge le dialogue de Romain Bresson, dont le métal de récupération nourrit l’univers de Niotte Prod, et de Bétina Broussaud, familière des métamorphoses du bois flotté. Ici, leur collaboration prend un autre chemin matériel : le visage né de la terre est passé au bronze, puis s’inscrit dans une architecture de pièces métalliques.
Les courbes du cou, les fragments ajourés autour des tempes, les tiges et les raccords composent une anatomie singulière. À la base du buste, une pièce marquée de jaune concentre la lumière. Ailleurs, les tons rouillés, les gris et les éclats plus clairs gardent aux éléments leur diversité. L’assemblage laisse voir ses jointures ; c’est aussi par elles que le personnage acquiert sa présence.
Tourner autour, découvrir un autre être
Le profil révèle ce que la vue de face retient. Derrière le masque se déploie un espace ouvert, fait de vides, de passages et de petites constructions. Le visage devient une frontière entre l’apparition humaine et la mémoire des objets. Cette alternance de densité et de transparence donne envie de poursuivre le mouvement, de chercher encore un autre angle.
On retrouve là une question sensible déjà rencontrée dans Nomade, autre sculpture réalisée par les deux artistes : à quel moment des matières assemblées commencent-elles à nous regarder ? Avec Amazones, la réponse demeure heureusement ouverte. Le personnage conserve cette part d’inconnu qui donne à une rencontre son intensité.
Une vie à venir, de la naissance à la disparition
Dans leur présentation, Bétina Broussaud et Niotte Prod annoncent la suite sous la forme d’une collection de pièces uniques et d’une pièce monumentale. La naissance du personnage, ses rencontres, sa vie et sa mort doivent en constituer le fil. L’œuvre présentée ouvre ainsi un récit appelé à se déployer dans plusieurs sculptures.
Cette perspective me plaît par la place qu’elle laisse au temps. Chaque nouvelle pièce pourra déplacer notre regard sur la première, lui donner un souvenir, une relation, peut-être une absence. Pour l’instant, Amazones se tient au commencement : un visage a pris forme, un être s’est détaché de la matière, et nous sommes invités à faire connaissance.
Les premiers repères
| Titre annoncé | Amazones |
|---|---|
| Co-création | Romain Bresson (Niotte Prod) et Bétina Broussaud |
| Visage | Modelé en terre, puis moulé et coulé en bronze, selon la présentation des artistes |
| Assemblage | Éléments métalliques |
| Projet annoncé | Une collection de pièces uniques et une pièce monumentale, retraçant la vie du personnage |
Prolonger la rencontre
Vous souhaitez en savoir davantage sur Amazones ou suivre le développement de cette collaboration ? ArtNova peut vous orienter vers les artistes.
Deux artistes, une rencontre
Le portrait de Romain Bresson · Son univers de sculptures
Le portrait de Bétina Broussaud · Ses œuvres et ses expositions


Votre commentaire