En novembre 2026, Mina présente des marque-pages associant toiles peintes, collage et technique mixte. Sur ces surfaces étroites, la couleur côtoie les mots, les traces se superposent et de fins pompons prolongent le dessin. Sa peinture trouve ainsi une nouvelle proximité : celle des livres que l’on ouvre, que l’on quitte un instant, puis que l’on retrouve.

À l’échelle d’une page
Il y a des objets auxquels la main revient presque sans y penser. Un marque-page appartient à cette intimité discrète : il garde l’endroit où une lecture s’est interrompue, accompagne un voyage, demeure parfois longtemps dans un ouvrage oublié. Ceux de Mina invitent à lui accorder un autre regard. Avant même de retrouver les lignes du livre, une petite surface peinte nous attend.
Le format allongé resserre la composition. Une ligne sombre, un éclat clair, une zone rose ou cuivrée suffisent à en déplacer l’équilibre. L’extrémité arrondie adoucit la silhouette ; le fil et son pompon lui donnent une légèreté mobile. La peinture se laisse approcher à une échelle que l’on tient entre les doigts.
Les mots entrent dans la matière
Sur plusieurs pièces photographiées, des fragments imprimés affleurent parmi les couches colorées. On distingue notamment les mots « Vivre » et « créativité ». Ailleurs, les lettres deviennent presque une texture : elles subsistent sous la peinture, se mêlent aux traces ou disparaissent au bord d’une zone plus dense.
Le collage introduit ainsi une seconde lecture. Le texte garde quelque chose de sa vie antérieure tout en entrant dans une composition nouvelle. J’aime cette rencontre entre une phrase devenue fragment et la liberté du geste peint : le sens demeure disponible, mais la couleur lui offre un autre rythme.
Les ocres, les bruns et les roses voisinent avec des verts profonds et des accents turquoise. Certaines surfaces paraissent plus mates, d’autres accrochent davantage la lumière. Les pompons jaunes, rouges ou rosés prolongent ces accords en dehors du support, comme une dernière touche laissée libre.
Une autre entrée dans la peinture de Mina
Cette attention aux superpositions et aux traces rejoint la démarche de Mina, peintre installée dans la Drôme des Collines. Ses paysages intérieurs et ses compositions abstraites donnent à la matière un rôle essentiel. Les marque-pages en proposent ici une approche plus intime, liée à un geste quotidien.
Pour retrouver d’autres espaces de cette écriture, Partition Urbaine et Reflets Urbains Maritimes ouvrent vers des compositions plus vastes. Le regard y poursuit ses voyages entre surfaces, rythmes et couleurs.
Garder une place au sensible
Un marque-page indique un passage ; il peut aussi en devenir un. Entre deux moments de lecture, ces créations ménagent une brève halte pour les yeux. La peinture accompagne alors les mots sans les expliquer. Elle apporte sa propre présence, ses silences, ses petits accidents de lumière.
C’est peut-être ce qui me plaît le plus dans cette proposition de Mina : l’art rejoint un usage familier et y dépose une attention nouvelle. Le livre conserve notre place. Le marque-page, lui, nous offre une image à retrouver.
Les créations en quelques mots
Artiste : Mina
Créations : marque-pages
Techniques : toiles peintes, collage et technique mixte
Présentation : novembre 2026
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